dimanche 24 février 2013

Bologne sous les neiges du Nord

Petits mots des libraires scotchés sur trois titres réjouissants venus du pays invité d'honneur du salon de Bologne: la Suède! "Ma vie heureuse" (Rose Lagercrantz et Eva Eriksson à l'école des loisirs) est une première lecture qui touche au plus juste les plaisirs et les chagrins de l'enfance : Dunne va pour la première fois à l'école et y fait la connaissance d'Ella Frida avec laquelle elle noue une amitié profonde. Mais un jour, Dunne apprend qu'Ella Frida doit déménager. Un coup d'oeil au dessin expressif d'Eva Eriksson suffit à montrer dans quel abîme de tristesse les deux enfants plongent alors... Autre variation sur le bonheur et les tracas de la vie pour des tout tout petits avec "Quelle chance" (Lena et Olof Landström à l'école des loisirs), des dessins très simples, très expressifs, un texte minimaliste qui en dit long! Et pour finir, un nouveau Pettson et Picpus (Sven Nordqvist chez Autrement) sur le thème du désir d'autonomie, les plaisirs et déplaisirs de la cohabitation : Pettson, philosophe de la vie?

dimanche 17 février 2013

Je t'aime tellement que

Découvrir un nouveau livre d'Anne Herbauts, c'est toujours une expérience, entre émotion et raison. En tant que libraire, j'essaie de lire avec un certain détachement parfois, on est quelques fois blasés tant on lit des albums souvent insignifiants. Mais avec les livres d'Anne Herbauts, c'est différent, après quelques lignes, on est rattrapé par son univers, on est littéralement happés par la force de ses images. Ses mots touchent quelque chose en moi que je ne peux pas vraiment identifier, mais en tout cas, ça réchauffe... Son nouveau livre est un livre d'amour, une incroyable déclaration. Son texte, comme souvent dépasse de très loin le livre jeunesse, son écriture semble être arrivée à une certaine maturité. Après une vingtaine d'albums, elle arrive encore à se renouveler graphiquement tout en conservant sa patte, parce qu'un livre d'Anne Herbauts, on le reconnaît au premier coup d’œil.
Un bijou donc que je vous recommande absolument, le livre idéal à offrir à l'être aimé...




"Je t'aime tellement que j'ai les chaussures qui vont toutes seules", Anne Herbauts, Casterman, 18,50 euros.

mercredi 13 février 2013

Carson Ellis, une illustratrice dans le vent


J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer le travail de l'illustratrice Carson Ellis, qui a brillamment mis en images le roman d'aventures de son compagnon Colin Meloy, "Les chroniques de Wildwood". J'ai été immédiatement séduite par la finesse et l'élégance de son trait, sa mise en couleurs délicate, son univers délicieusement décalé et légèrement désuet... J'ai creusé un peu et j'ai découvert ses autres livres pour enfants. Elle a illustré plusieurs albums en anglais. Le controversé "Dillweed's revenge" écrit par Florence Parry Heide met en scène un petit garçon malheureux en mal d'aventures et qui est surtout maltraité par les adultes qui l'entourent... Le titre annonce la couleur, et Dilweed aura finalement ce qu'il veut! Les illustrations y sont fines, mises en couleur à l'aquarelle. Les décors sont ceux d'un antique manoir anglais.
"Stagecoach Sal" nous plonge dans l'époque des pionniers américains. La petite Sal adore conduira la diligence de son père. Elle adore fendre la brise au rythme des galops et occuper les passagers en chantant. Inspiré de l'histoire vraie de Delia Haskett Rawson, la première femme à conduire la diligence de la poste américaine, "Stagecoach Sal" nous conte l'histoire d'une jeune fille indépendante qui par son flair arrêtera un étrange brigand.
 Dans "The beautiful stories of life", Carson Ellis illustre six mythes grecs. Sa technique est ici bien différente et montre bien l'étendue de son talent. Ses illustrations plus classiques, tout en nuances de gris, rendent à merveille l'esprit de la mythologie grecque.
  Carson Ellis a aussi illustré de nombreuses pochettes de disques, elle est l'illustratrice attitrée du groupe "The decemberists" emmené par Colin Meloy, son compagnon. Ils vivent dans l'Oregon.

Pour en savoir plus : http://www.carsonellis.com/ son site très complet renvoie aussi à son blog, où l'on peut suivre l'avancement de ses différents projets!

 "Dillweed's revenge", Florence Parry Heide, Carson Ellis, Harcourt, 2010.
"Stagecoach Sal", Deborah Hopkinson, Carson Ellis, Hyperion, 2009.
"The beautiful stories of life", Cynthia Rylant, Harcour, 2009.
En vente chez Tropismes Jeunesse

mercredi 30 janvier 2013

Anton le retour

Quel plaisir de retrouver Anton, ce petit garçon affublé d'un grand chapeau, création de Ole Könnecke, auteur allemand qui a grandi en Suède. Et on sent la touche suédoise... Déjà auteur de plusieurs albums ayant comme héros Anton, Ole Könnecke a aussi mis ses talents d'illustrateur au service d'autres textes, il a notamment mis en images l'album "Mon papa a peur des étrangers" paru à la Joie de lire en 2004, qui dénonçait avec force le racisme ordinaire. Dans "Anton et les rabat-joie", notre petit héros part à la rencontre de ses amis, son chariot rempli de gâteaux et de jus de pomme, et il espère bien les séduire avec ça, mais pas de chance, ils sont en plein travail, pas le temps pour un goûter, il faut ratisser, bêcher, biner, et Anton n'a pas de pelle, il se voit donc exclu du jeu... Mécontent, il s'en va, et il s'allonge pas terre, Anton est mort, ou plutôt, il joue à être mort.. l'histoire avançant, tous les enfants vont se retrouver couchés part terre à jouer à être mort, jusqu'à ce que des fourmis chatouilleuses viennent les déloger.. Un album savoureux qui décrit avec une incroyable justesse, les jeux et les émotions des petits.Ole Könnecke ose introduire la mort au milieu de ces jeux, sans que ça ait la moindre connotation tragique. Le dessin assez simple, le décor minimaliste, la répétition de quelques traits suffisent à exprimer les différents sentiments éprouvés par nos jeunes héros. Il y a un côté Peanuts à la fois dans le trait simple et juste d'Ole Könnecke et dans le ton faussement naïf des dialogues. Anton aura réussi à nous séduire une fois de plus... Bravo Anton! "Anton et les rabat-joie", Ole Könnecke, Ecole des loisirs, 12,20 euros

mercredi 23 janvier 2013

Pleins feux sur Eric Lambé

Depuis une vingtaine d'années, Eric Lambé accomplit un travail remarquable. Dès ses débuts dans Pelure Amère, dans les premiers Frigo production, chez Amok, son dessin élégant, son propos délicat se distinguait avec aisance. Auteur peu prolixe, tout les deux trois ans, un livre faisait surface. Et c'était toujours l'occasion de se réjouir les sens, de passer dans un univers et une ambiance graphique tout en retenue et en subtilité (l'admirable Alberto G., par exemple). Par petites touches le profil de l'auteur se dressait, un profil exigeant, intègre. La Pluie chez Casterman, Le Voyage chez Futuropolis, rares incursions dans le domaine des éditeurs classiques, démontraient une capacité à intégrer des ressorts fictionnels plus classique, toujours servi par un dessin de toute beauté. Cette année 2012, une nouvelle parution: Le Fils du Roi, chez FRMK. Une technique jusqu'alors inédite, la facture vertigineuse de la pointe bic sur le papier. Tout en restant d'une superbe sobriété, les traits indicibles, le grattage de surfaces, l'énergie exprimée par la pointe sur le blanc du papier donne à son travail une dimension nouvelle. Entrelacs tracés dominé par l'idée de l'image, de la page, de la vision. Gestes qui affrontent la surface, qui grésillent sur le blanc.Noir,bleu et blanc, stries fortes. Et surtout, les images apparaissent. Un labyrinthe d'images, parfois ésotériques, parfois claires, qui se succèdent dans un songe de récits, de chausse-trappes et d'impasses. Et transversalement, un fluide, un flux et une lumière qui se dévident au goutte à goutte. FRMK, bien sûr, était l'éditeur idéal pour ce voyage dans la matière et le sens. Le soin pointilleux de l'impression ( photogravure minutieuse, choix de deux encres bleues et deux encres noires pour rendre la finesse du trait, papier mat pour atténuer la brillance du bic, grammage parfait) autant que le souci du format, le cartonnage de la couverture et la frugalité de la reliure achève de faire de ce livre un album marquant, voire prépondérant, dans le parcours d'Eric Lambé. Nous avons d'ailleurs appris avec grand plaisir que ce livre était lauréat du prix Fernand Baudin, qui récompense les plus beaux livres à Bruxelles et en Wallonie. Un honneur mérité pour un livre remarquable, et un auteur majeur de la scène graphique belge. Christophe Poot, libraire

vendredi 7 décembre 2012

Notre top 2012

La fin d'année approche et avec elle les traditionnels cadeaux de noël, et quoi de mieux que des livres sous le sapin!! Voici donc une petite sélection de nos coups de coeur de l'année 2012, qui vous aidera peut-être à faire vos choix. Rien d'exhaustif, il y a encore mille et autre livres à découvrir dans notre librairie! En espérant vous croiser dans nos rayons dans les prochaines semaines!

dimanche 11 novembre 2012

Une après-midi avec Fanny & Emilie!

Merci à nos deux illustratrices, Fanny Dreyer et Emilie Seron pour leur grande disponibilité lors de la dédicace qui a eu lieu hier au rayon jeunesse! On a tous passé un très bon moment! Merci à vous, lecteurs et amis d'être venus si nombreux!! On souhaite une longue vie aux livres de Fanny et Emilie! En tout cas, vous êtes sûrs de les trouver en bonne place dans notre librairie!!